Madame de Staël

Fille du célèbre banquier Necker, Madame de Staël vit une enfance intense dans un environnement intellectuel et mondain de premier ordre.

En profitant de la formation académique dont elle peut tirer parti en participant au salon littéraire organisé par sa mère, Germaine se passionne pour la lecture des classiques. Après avoir étudié les œuvres des philosophes, elle s’intéresse à l’œuvre de Rousseau, à laquelle il consacre son premier essai "Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau", conclu à seulement 22 ans.

Dans les années qui suivirent la Révolution française, elle fut le protagoniste d'un célèbre salon littéraire et politique à Paris, rue du Bac. Après des relations difficiles avec Benjamin Constant, elle s’est consacré à la rédaction de plusieurs ouvrages inspirés par l’idéologie du bien social et du progrès. 

En 1802, elle a publié un roman, Delphine. L'année suivante, elle reçut l'ordre de Napoléon de se retirer à quarante milles de Paris. Elle a ensuite voyagé avec Benjamin Constant, parcouru l'Allemagne, visité l'Italie, puis s'est installée à Coppet, où elle a exercé une irradiation intellectuelle singulière dans le célèbre cercle de Coppet, qui regroupait les meilleurs cerveaux d'Europe: "La femme la plus extraordinaire jamais vue - écrit Stendhal - a dirigé la conversation française et porté le brillant art de l'improvisation à un niveau de perfection supérieur." Ensuite, elle a publié Corinne ou l'Italie en 1807, une nouvelle conversation, rapport de son voyage en Italie, où en même temps les raisons de la femme sont avancées et le mythe de l'Italie primitive est lancé et non corrompu par la civilisation qui a tant irrité Stendhal.


De l'Allemagne

Page de garde de l'édition londonienne de 1813.
La publication en France de la première partie de son livre De l'Allemagne (1810) est interdite et l'œuvre est retenue avant sa mise en vente. Il ne sortira qu'en 1813, à Londres. De l'Allemagne est une étude exhaustive de l'Allemagne et des Allemands (climat, nature, culture, littérature) menée avec un esprit brillant comme il se doit dans le stylo de cette femme. En même temps, il s’agit d’une vigoureuse protestation, au nom du principe de nationalité, contre l’esprit de conquête, et ne pouvait pour cette raison provoquer les réactions de Napoléon qui ont en fait empêché la diffusion du livre.
Dans les deux premières parties, Mme de Staël révèle aux Français une Allemagne qui leur est inconnue, bien que idéalisée. Elle étudie les grands auteurs contemporains, notamment Goethe et Schiller, et souligne l'opposition qui existe entre le nord, romantique, et le sud, classique. Elle avance, pour la littérature, liberté totale. Elle le veut aussi ouverte aux influences étrangères ou au progrès social. Tout cela peut sembler très évident aujourd'hui, mais des facteurs tels que le manque relatif de traductions, la censure, les gouvernements, les établissements littéraires locaux (surtout françaises) ont constitué un gros obstacle aux échanges entre les cultures européennes. M. de Staël s'est consacré avec tant de générosité pour la vie.


En 1811, Mme de Staël, veuve de 1802, épouse un jeune officier suisse, John Rocca, et reprend ses voyages en Europe: Russie, Suède, Angleterre. Elle rentre en France avec la Restauration, ce qui le déçoit par ses mesures anti-libérales. En 1816, elle écrit un "Essai sur la traduction", qui paraîtra la même année à Milan. Elle mourut à Paris le 13 juillet 1817, laissant une correspondance imposante.

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